gruyeresuisse

30/10/2014

Céline Masson la méduse impertinente

 

 

 

 

 

Masson céline.jpgPar ses dessins, vidéos, installations et photos Céline Masson met à jour des terreurs parfaites qui sont aussi des ravissements. Ses « masques » on les partage, on les aime. Ils « disent » les aventures esthétiques et existentielles toujours recommencées. L’œuvre reste une formulation ludique (comme l’œuvre de Duchamp le fut) d'une réalité inséparable à celles ou ceux qui font le pas au-delà. L’émotion est toujours là mais loin de tout romantisme et par l’ordre d’une farce optique qui devient phénomène d’être. Elle fait éclater les images du réel par divers types de détournements perturbateurs. Ils produisent un jeu d'attraction ou de répulsion. Tout se joue en cette charnière. Elle souligne que notre vie n'a rien à voir avec une "vie intégrale", qu'elle en est même fort éloignée. Une réalité plus profonde est convoquée à un extraordinaire cérémonial carnavalesque.

 

Masson céline 2.jpgTout éclate dans une "monstruosité" là où l’imaginaire fonctionne vers l'épuisement de l'ombre en un dynamisme dionysiaque. Il fonctionne au service de la présence, mais une présence qui ne répond pas toujours à ce qu’on attend : elle est souvent contrariée ou biffée mais selon un principe d’utopie plus drôle que cauchemardesque. Céline Masson provoque la réalité pour une métamorphose qui au besoin intègre des « erreurs de calcul » quant au passage du cap de sa bonne espérance. Sans jouer les lacaniens de service l’œuvre fait masse et son par une série de tensions abyssales qui ne répondent en rien aux critères de la mode du temps. Les œuvres ne sont pas des autofictions mais des allégories aussi naïves que complexes afin d’offrir la vie dont les «  erreurs » sont sublimées. L’imaginaire de la Lausannoise donne aux images sous leur aspect de « gag» la profondeur de l’être. C’est foudroyant, rieur jusque dans l’autodérision.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les commentaires sont fermés.