gruyeresuisse

25/10/2014

Si proche, si loin : potron-minet d’Anne Golaz

 

 

 

Golaz 2.pngAdepte de la décontextualisation la Lausannoise Anne Golaz feint une archéologie du savoir selon des scénographies minimalistes ou de subtiles mises en abîmes par effet de lumières théâtrales. Elle met ainsi à mal une culture asphyxiante et totalitaire. Scènes de chasse, de ferme, etc.  transmuent la pauvreté en luxe et le luxe en misère par ses déconstructions de pinacothèque. L’œuvre témoigne d’une crise de la société et de sa représentation mais selon un mode ludique. Néanmoins reste en filigrane l’histoire que nos ancêtres ont vécue et que l’on retient dans le tréfonds de notre être. Celle-ci adhère encore à une certaine actualité.

 

Golaz.jpgDans un style bondissant, ensauvagé sous l’effet de coordination et de décoordination Anne Golaz fait sauter des serrures. Surgissent des lames de fond ironisées à travers paysages, portraits, objets (parfois érotisés comme son saut à l’appendice conséquent). Le réel prolifère selon une ornementation paradoxale et décalée. Ce qui paraît dérisoire et décimé au fil de l’histoire reçoit soudain une onction particulière. Chaque pièce y réclame sa part de potron-minet comme prélude à un midi de la résurrection  du monde et de l’être. Le tout dans un humour qui fait voler en éclat tout protocole académique. Le badaud face à de telles images peut être plié en quatre. Mais ce serait de sa part la preuve d’une myopie préjudiciable.  Les pots pourris et les scénographies  de l’artiste tourneboulent à l’envi, font rejaillir le passé en retombées d’incartades et autres entorses à l’ordre établi d’hier et d’aujourd’hui.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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