gruyeresuisse

21/10/2014

Les « princesses » de Carol Bailly

 

 

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Carol Bailly pousse l’ordre dans le désordre, isole l’isolement, relie l’immobile à la pulsation, affole à la raison. Elle fait se rassembler ce qui  est pas avec ce qui n’est pas, la candeur à la gravité, le corps et sa chimère, la pudeur à la sensualité. La couleur devient coccinelle sur ses doigts : l’artiste la recueille pour que rampe le regard jusqu’à elle en proposant des histoires totalement oubliées ou encore jamais inventées. Ses princesses ont parfois une étoile dans la tête mais parfois une araignée. Un loup y semble même masqué dans un bois de frênes. L’enfer devient le Vanessa Paradis (titre d’une de ses œuvres) pavé des bonnes inventions de l’artiste. Elle jette son huile sur le feu sacré de la peinture. Son action – ici intempestive – répond par la négative à l’injonction du réel. Certains chats se font chauds lapins. Un tel art «brut » empêche de succomber dans la nuit absolue et la dépression organisée. Restent l’émanation et l’aspiration  poétiques portées dans une vitalité juvénile – ce qui n’empêche pas une certaine gravité. Et si les seins d’abeilles sont trop honnêtes pour se retrouver au lit ils peuvent faire de maris honnêtes des marionnettes et du sage, ridé comme un vieux complice, un oiseau sans tête.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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