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20/10/2014

Gregory Sugnaux : d’entre les lignes

 

 

 

 Sugnaux 2.jpgGregory Sugnaux, Y.I.A. (Young International Artists), Art Fair; Paris, octobre 2014, Galerie Christopher Gerber, Lausanne.

 

 

 

L’œuvre de Gregory Sugnaux propose une méditation sans limite par des effets de lignes et de formes. Les mouvements créent dans le « dur » une perte de repère. Dégagée de toute anecdote ce travail devient une expérience visuelle mais aussi existentielle. Une pensée "claire" remonte des tréfonds de l’inconscient par une série de manifestations abstraites où se précisent les images de notre incertitude. Sugnaux rappelle que c'est une inconséquence et une inconsistance de la raison qui nous pousse à oser proclamer l'existence comparable à une unité. L’œuvre ne propose jamais la confirmation d’un miroir. L’appréhension du "réel" dans la syncope et le spasmodique arrache ici au silence l'innommable qu’il cache. Loin des mélancolies et des nostalgies des ondulations décalent la présence au profit de son soupçon en un envol triomphal. Le sensoriel (qu'il ne faut pas confondre avec l'affect et même si le premier possède des incidences sur le second) est nourri de suites d'empreintes sur la blancheur de neige. Elles sont parfois coupées par des éléments de sculpture où le trop brûlant est métamorphosé en glace. D'où ces remarquables sonates en blanc majeur. Entre torsion, dynamisme et un certain minimalisme l’œuvre oblige à fréquenter les limbes du langage plastique. Il faut se laisser envahir par un flux brisé, un chant cassé où surgissent les échos visuels des "stèles" de Sugnaux. En surgissent des treillis et des escaliers renversés dans l’espace.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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