gruyeresuisse

14/10/2014

François Burland et les failles mythiques

 

 

 burland 3.jpgFrançois Burland, Atomik Magic Circus & Superhéros, du 31 octobre au 8 novembre 2014, Atelier & Galerie Raynald Métraux, Lausanne.

 

 

 

Les personnages de François Burland se confondent avec l’artiste. Ou plutôt deviennent ses doubles dont les postures traduisent ses états existentiels.  A 17 ans l’artiste a choisi de quitter ses parents pour se confronter à l’existence qu’il endure par son œuvre d’autodidacte et dans le refus de la peinture académique. Lors d'une exposition à la galerie Rivolta à Lausanne en 1980, ses œuvres sont remarquées par Michel Thévoz (directeur à l’époque du musée de l’Art Brut). Depuis le travail chemine. A travers ses nombreux voyages l’artiste crée des liens qui n’ont rien de mondains : ses œuvres naissent de ses expériences et inventent une mythologie particulière qui se retrouve aujourd’hui dans « Atomik Magic Circus & Superhéros ». Ces derniers sont souvent un paquet de couleurs vives. L’univers marche derrière ou devant. Difficile pour eux d’y revenir ou d’y rentrer. Ne sachant de quel ordre est leur mystère  le mieux est de capter les échos de leur aura. Ils sont sans doute de ceux qui font rager leurs voisins parce qu’ils ne vivent pas comme eux. Pourtant ils n’embêtent personne et, ayant d’autres chats à fouetter, ils estiment comme le philosophe Berkeley  qu’en niant le monde  ils peuvent le réinventer.  C’est pourquoi Burland les portent aux nues. L’artiste y infiltre ses vagues à l’âme de manière intempestive.

 

 

 

Burland bon.jpgChaque héros représente une part de sa personnalité La vérité tient donc à ce dévoilement construit sur une variété de l'illusion - presque de prestidigitation. S’il refusait cet exercice les images perdrait de leur complexité. C’est pourquoi Burland ne cesse d’avancer masqué dans son univers étrange et drôle. Il casse l'arrangement, l'harmonie, la loi du visible et de la convenance. Par ses doubles l’artiste joue avec les normes selon une " variété " du monde interlope qu'il soumet à sa propre règle. Denses, compactes mais tout autant ondoyantes, fuyantes les œuvres cachent moins un corps que l'invisible de l'inconscient qui tel un lac visqueux prend pour argent comptant la lumière qui joue sur lui. La condition identitaire trouve de nouvelles altérations. Elles font de l'être et du monde un mélange métisse, un matelas de turbulences selon une densité énigmatique.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

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