gruyeresuisse

08/10/2014

“Helvet Underground” : coucou roux coucou

 

CLEDAT.jpg

 

Yves Clédat et Coco Petitpierre - entre sculpture et performance -pratiquent un burlesque dégingandé à travers une déclinaison d’histoires de couples. Néanmoins aucune approche psychologique ne préside à de dérisoires ballets. Une de leurs œuvres les plus connues est celle de deux santons suisses hétérosexuels qui semblent sortis d’un coucou.  Privé de visage mais habillé de costumes typiques ils entament une valse à quatre temps avant de s’affaler sur le sol. Il n’existe là aucun ostracisme envers la Suisse mais plutôt via deux figures de son folklore le moyen de scénariser sous la forme de la parodie le mécanisme amoureux de corps devenus automates.

 

CLEDAT 2.jpgLa mise en branle des deux marionnettes est fonction des costumes des personnages qui s’animent au son de la valse. Son rythme s’accélérant la force centripète  fait culbuter des personnages. La chute renforce le caractère aussi drôle qu’insignifiant des personnages et souligne l’idée que les êtres sont dénués de vie intérieure, de « mer interne ». Qu’on se rassure toutefois : les deux figurines suisses ne sont que les épigones de bien d’autres pantins : bêtes humaines poilues, bonshommes de neige, etc.. Dans une narration réduite à minima l’interaction des corps se résume ici à une allégorie de l’amour. Réduite à sa plus simple expression elle déplace le sentiment à une simple mécanique géométrique. Les deux fantômes demeurent étrangers à qui ils sont sinon à leurs tibias. Ils leur permettent un temps d’effectuer leur chorégraphie (existentielle ?) avant le renversement final.

 

Jean- Paul Gavard-Perret.  

 

 

 

Commentaires

belle démarche !

Écrit par : philippe G. Brahy | 08/10/2014

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