gruyeresuisse

07/10/2014

Tatiana Trouvé : Redistribution des cartes pour un nouveau territoire

 

 

 

 trouvé 3.jpgTatiana Trouvé aime pécher dans les eaux du lac Léman uniquement quand elles sont troubles. Elle renverse les éléments qui constituent l’art et permettent l’exposition et la mise en espaces. Les utilitaires voués à normalement à un rôle secondaire deviennent des bronzes et s’emparent du lieu d’exposition selon une belle torsion. Des objets non malléables (fils électriques, etc.) deviennent - coulés dans la matière noble - rigides. Ils correspondent parfaitement aux dialectiques chères à l’artiste. Elle ne cesse de jouer de l’éloignement et de la proximité, de la transparence et de l’opaque, de la verticalité et de l’horizontalité.


trouvé 2.pngLa mentalisation de l’espace physique se décline selon bien des perspectives. Par exemple l’insertion des dessins de l’artiste en des structures d’acier prolongent les images sur papier et créent une ergonomie esthétique d’une intensité créatrice de liberté : plans et  perspectives sont démultipliés par effet de profondeur et d’abîme.  En d’autres propositions l’arte-povera est revisité et surtout transformés. Matelas voués au rebut, lamelles de bois réunies en une gerbe, cadenas scellés dans les rochers ouvrent à une poésie de l’énigme tout en créant une complicité avec le spectateur.


trouvé.jpgToutes ces pièces deviennent les servantes d’images muettes et pourtant parlantes tant pour la conscience que pour l’inconscient. Elles appellent au mouvement à travers ce qui reste a priori figé. Il convient donc de s’approcher sans bruit de telles œuvres afin de cerner tous les possibles de leurs lieux. Leurs horizons - même bouchés - libèrent mais peuvent faire tout autant frissonner. C’est comme dérober un peu de vif-argent aux ténèbres dans une succession de vertiges.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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