gruyeresuisse

30/09/2014

Ann Loubert : atmosphère, atmosphère

 

Loubert.jpgAnn Loubert (avec Clémentine Margheriti) « Trais communs », Halle Saint Pierre, Paris du 14 octobre au 2 novembre 2014. Catalogue par David Collin, L’Atelier Contemporain, Strasbourg.

 

 

 

 

 

Ann Loubert cultive un certain vide dans l’image : pas question pour elle de remplir ou de couvrir le support. Loin de là.. Ses rêveries se contentent de la caresse, de « l’à-peine » et de l’esquisse. Traits épars, couleurs aquatiques, figures en ébauche ressemblent à des aspirations délicates, timides. L’artiste crée des paysages ou des portraits atmosphériques. Néanmoins le dessin s’affranchit des entraves d’un minimalisme aérien par une dilatation. Elle donne à celui-là un maximalisme puisque chaque œuvre recompose d’incessants échos et des chevauchements de fragments. Le déphasage de la composition tronquée crée une métamorphose de ce qui passe habituellement par l’opulence graphique, la colonisation du support.

 

 

 

Loubert 2.jpgL’artiste franco-suisse ouvre à une complexité de rythmes qui parfois se superposent mais afin d’imposer le calme propice à la méditation contemplative. L’image disparaît en partie mais pour autant les êtres qui apparaissent n’ont rien de spectres : ils restent des humains que l’artiste apprécie et retient. De l’aquarelle ou le crayon naissent des présences autant délicates que fortes. L’artiste les capte au fil des jours et des rencontres dans le but de créer une poétique très précise. Elle décale la « réalité » du visage selon une liberté magique. Elle repose sur le décalage et non sur le centrage. Le regard du spectateur est happé par l’écart, la courbure ou encore la tache de couleur qui flotte et désaxe l’image. Pour autant ces « démises » en scène ne provoquent pas de malaises : l’éloge de la vie est là au moment où le dessin prend un sens visuel nouveau par glissements et partiels effacements.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

En lieu et place de toutes ses phrases, il suffisait de dire:

Atmosphère!... Atmosphère!... Est-ce que l'oeuvre à une gueule d'atmosphère?
Et puis répondre simplement que oui: ça a réellement de la "gueule"!

Écrit par : Père Siffleur | 30/09/2014

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