gruyeresuisse

29/09/2014

Jean-Pierre Faye : de l’opaque à la chair

 

 

 

 faye 2.jpgJean-Pierre Faye, « Poèmes…(s)  en lecture », Editions Notes de nuit, Paris, 150 p., 20 €.

 

 

 

Jean-Pierre Faye trouvera un jour la place qui lui revient : celle d’un poète majeur du temps. Fabian Gastellier permet de le prouver en « double face » dans une édition où les textes publié sont accompagnés de leur lecture par le poète lui-même et complétés par un entretien avec l’éditrice. Se découvre dans la cosa mentale du poème un regard tactile où le toucher est lueur. Néanmoins dans ce jeu de correspondance le poème ne se perd pas dans le rêve. Il surgit où la mort se montre, où le feu se soulève et où- tel Baudelaire  -le poète s’adresse à une passante. L’univers devient

 

« tout engrillage morsure

 

Ou disputation et veille

 

Au plus simple accroître

 

A ce qui fera enfler

 

Narine ou ventre de

 

Plante et enracinage »

 

 

 

Faye.jpgEntre orages du monde et sources de l’émotion le possible tente une avancée mais les parties de fer des diverses guerres ont la vie dure et la mort reste poutre maîtresse là où l’écriture ne peut jaillir que par bribes, saccades et brisures. « La ville est rouge de sable » des treillis de ceux qui veulent éteindre la liberté. Néanmoins le poème la défend, il coule « à l’autre à l’entre » dans les jambages des corps et des crépuscules. Sans limite ni description il n’admet plus de parenté et de cause : il erre à l’aveugle dans l’espoir pourtant que quelque chose puisse bouger « dans l’orge le buisson le bête et le nom ». Celui de l’être et de ce qui lui reste de cœur.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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