gruyeresuisse

24/09/2014

Visitation de l’Enfer

 

 

Prouvost 3.jpgLuttant contre les immatriculées conceptions Elizabeth Prouvost devient  visionnaire en glissant parmi  les voyeurs qui peuplent l’Enfer de Dante dont elle déplace l’image de « marque ». Le lecteur ne se rince pas l’œil mais il n’avance pas plus l’œil bandé.  Ceux et celles qui ont pratiqué le mal comme  un excellent métier ne sont plus réduits à des monstres anatomiques. Surgità travers leurs ombres une messe noire qui n’a rien de fête foraine des apocalypses. Le corps et ses interrogations sont traités certes en une atmosphère nocturne mais elle ne posède rien de glauque. Les vierges pratiquent de troubles cérémonies inattendues parmi des taureaux ailés aux plumes sans doute consumées.

 

 

 

Prouvost 2.jpgDans les cercles interlopes du lieu Dantesque les pauvres ne sont plus seuls à être traités de fous et les puissants d’excentriques car la photographe brise des tabous iconographiques. L’Enfer semble passé aux rayons X pour venir à bout des visions classiques en entrainant le lecteur et regardeur dans une errance au sein des abîmes. Plus besoin de flammes ou de feu. L’apparence du Séjour des morts devient l’Empire non seulement des ombres mais des sens.  Elizabeth Prouvost ose aborder l’œuvre de Dante en toute liberté dans des ballets nocturnes. Elle sort l’Enfer d’une certaine idée du péché. Les corps y halètent sourdement. Ils sont plus vibrants que ceux ces vivants  qui ressemblent à des morts qu’on a oublié d’enterrer.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Elizabeth Prouvost, "L’Enfer de Dante", Editions La Sétérée, Jacques Clerc, Crest, 2014. Exposition Galerie Agathe Gaillard, Paris, 15-22 octobre 2014.

 

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