gruyeresuisse

18/09/2014

Tamara de Wehr et les fables du réel

 

 

Weir bon.jpgAu moment où tant d’artistes font de l’art un Disneyland pour vieux Tamara de Wehr le transforme. Elle introduit le doute dans notre rapport à la réalité en multipliant les techniques. Sans l’esprit de remettre toute représentation en question chacune d’elles développe une narration intempestive. Le dadaïsme y retrouve belle allure comme dans ses tombeaux de guitares héros où l’instrument se réduit à une pelle. De manière ludique le monde et ses mythes en prennent pour leur grade. Réaliste (sous forme de maquette) ou épurée (en plans d’architecture où les masses se décomposent) chaque création de Tamara de Weir devient une trace d’aurore ou de crépuscule à la recherche livrée une forme errance.

 

 

Weir.jpgJamais répétitives les œuvres sont créées afin d’offrir de nouveaux angles de vision autant avec humour que par précision minutieuse. Un mal de gorge peut finir en pendaison. L'illusion est assumée, elle fait son chemin. Contre l'entêtement du réel répond celui de l’art et son mouvement panique là où pourtant rien ne semble bouger. Le monde tient hors contexte dans les dessins mais non comme pur spectacle. Figures, objets, paysages urbains, éléments géométriques sont isolés de tout décor et gardent leur autonomie afin de provoquer une réflexion sur le réel : reste son sillage et non sa barque. Peut-être a-t-elle sombré.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:54 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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