gruyeresuisse

04/09/2014

L'hygiène créatrice selon Robert Ireland

 

 

Irelan.jpgRobert Ireland, « Inframémoire », 240 pages, coll. Re:Pacific, Art&Fiction 2014, CHF 39 / € 26, Lausanne.

 

 

 

Il existe dans le livre de Robert Ireland quelque chose de magique. A partir d’un corps (« L’Opus ») d’intellectuels (« Le Groupe ») avide de spéculations spécieuses autour d’un centre vide  que cherche en vain à valider un des membres de cette Camora de l’esprit, l’artiste américain installé depuis longtemps à Lausanne restitue une liasse  de textes, notes, remarques, dialogues, variantes, notations, etc.. Il n’a pas  la moindre prétention à accorder à ce fonds sans fond un quelconque intérêt. Le créateur le mue en figures collées, rejouées, réinventés selon une expérience plastique qui relève de la synthèse chaotique. Si bien que le livre prend paradoxalement valeur de manifeste : il ouvre les mots au vide en devenant ses images dans un métissage qui métamorphose les obsessions rationnelles des intellectuels (auxquels l’artiste se refuse de ressembler) en pur verbiage,  simple support ou matérialité.

 

 

 

Ireland art.jpgRobert Ireland constitue à travers ce magma et ses  dépôts son propre monde  et sa promenade dans une littérature elle-même vagabonde. L’artiste s’y débarrasse du trop pour y cantonner son nécessaire peu. Celui-ci relève de l’hygiène créatrice. Les mots font le deuil d’une équivalence présumée par ceux qui les font fonctionner. Face à eux l’artiste opère un autre travail et savoir. Ni affectif, ni rationnel ce dernier crée  une utopie (que n’aurait pas renié Max Bill)  er une nouvelle « géographie » du livre. L’art ne reflète plus des convictions spéculatives : il les déstabilise, les déshabille jusqu’à la  nudité aussi comique que subversive  selon une esthétique paradoxalement proche du dadaïsme éternel, seule manière de venir à bout de la misère symbolique.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

Même s’il est nécessaire de faire une différence entre le créateur et son œuvre, il est, malgré tout, toujours fort intéressant de connaître l’homme qui est caché derrière l’œuvre.
Robert Ireland, «artiste officiel» ayant reçu le «Prix de l’Office Fédéral de la Culture» en 2001, est planqué derrière son œuvre et devrait y resté caché à jamais.
Il y a quelques années, cet «ayatollah de la culture officiel» défendait le fameux musée «Les Pieds dans l’Eau» (nouveau musée des beaux-arts vaudois ou nMdBA), ce qui est son droit absolut.
Mais, dans un débat publique, l’«artiste» a utilisé la phrase suivante -un «trait d’esprit» attribuée à Joseph Goebbels- «Quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver». Par cette «jolie» phrase, l’«artiste» tentait de dénigrer les opposants au projet… Ce fut en vain !

Aujourd’hui, le même «artiste» cherche à atteindre les sommets de son art en utilisant quelques points de couleurs visibles ci-dessus. En 2008, il avait pourtan déjà atteint le point Godwin lorsqu’il éructait son fiel «officiel» en citant Goebbels.
Malgré ce vilain point noir sur la toile de ses péroraisons, personne, ou presque n’en a fait grief à Robert Ireland!...

Dans notre beau conaton on ne critique pas ce qui est «officiel», fut-il un «artiste» futile !
Et surtout si celui-ci défend la ligne «officielle». Dès lors, il doit être «officiellement» et inconditionnellement vénéré par tous et surtout les «officiels» de la culture «officielle» et des «officiels» qui, «officiellement» se disent des poli…tiques et ne sont, «officieusement», que des poli…chinelles.

Ci-dessus, je me suis permis d’enfermer «artiste» dans des « » : Maxime Gorki a écrit «Pour un artiste, la liberté est aussi indispensable que le talent et l'intelligence.»… Et la liberté d’un «artiste officiel» n’est que conditionnelle, puisqu'enfermée dans des « »!... Donc quasi inexistante !

Écrit par : Père Siffleur | 04/09/2014

"Dans notre beau conaton"

Ô Prsflr, faut pas "déconater". Vous permettez que je rie (*_°), même si ce que vous écrivez est très sérieux. - (Ça me fait beaucoup de bien, le rire c'est mon "hygiène", et les textes de Mr.JPGP me font rire aussi, tellement ils me sont de plus en plus hermétiques) -

Écrit par : Ambre | 12/09/2014

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