gruyeresuisse

20/08/2014

Philippe Pache et l’appel des sirènes

 

 

pache philippe.jpgIl y a ceux qui photographient les femmes et ceux qui les regardent. Parfois les deux ne font qu'un. Philippe Pache par exemple. Et vu le grand nombre de nécessiteuses qui se prêtent à son jeu on imagine qu'il use avec elle en toute parcimonie. Il saisit leurs formes, les scénarisant avant que  le soleil se couche. Evoluant dans le temps au même rythme que ses égéries l’artiste est passé des jeunes filles aux jeunes femmes. Il saisit les plages de leur delta selon la nuit lumière du théâtre de la sensualité et de la féminité. Le mâle le contemple puisque  le photographe lausannois en fait le captif, le ravi de la crèche. Dans le temps qu’il égraine - ou plutôt qu’il retient - et dans le « tant » dont il rêve l’artiste propose l’ici-même là-bas. Ether vague, chaire du monde. La visiteuse reste secrète. Elle est l’image la plus nue mais en abîme et mystère Le voyeur en reste fort Marie quel que soit le prénom de la nymphe ou de la sirène.

 

 

 

pache philippe 2.jpgIl en devient l’enfant d’eau. Parfois le garnement. Mais qu’importe s’il pense mal. Il photographie bien. Pas question pour lui de déserter le fond des jupes dont il sort comme un peuple en lutte. En volutes son tango argent teint désormais l’âge de la maturité. Shootés en clair plus qu'en obscur ses modèles rendent néanmoins l’homme dubitatif tant elles paraissent improbables. Cassant les horloges et leur goinfrerie, le photographe clame l’absolu du corps. Parfois il jaillit d’une source d'eau vive. L’amour de telles images ne rend pas forcément  la transe lucide mais il ne faut en rien bouder notre plaisir.

 

Jean-Paul Gavard-Perret



voir : www.philippepache.com




 

 

 

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