gruyeresuisse

08/08/2014

Adrien Couvrat : organisation de la couleur

 

 

Couvrat 2.jpgAdrien Couvrat, Galerie Heinzer Resler, été 2014, Lausanne

 

 

 

Sur une mode apparemment mineur Adrien Couvrat crée une exaltation particulière. Il y a des accents schubertiens dans une forme de dépossession sereine du réel, de ses masques et ses ombres. Une étrange chaleur psalmodie l’espace par une invisibilité mise à nu et en urgence au sein de ce qui devient une mélopée du silence. Loin de toute propension  narrative la peinture se parle en cultivant une rupture étincelante et une sorte de « métaphore » inoubliable. L’œuvre sort la peinture de son confinement sans rien céder de ses secrets. Existe une stridence paradoxale ample et diffractée. L’innommable, l’indicible sont présents: la peinture n’est plus que le mouvement tremblé de ce qu’elle fait naître dans ses effets d’à-plats. La monochromie soulève les ombres dans un glissement d’air. Un large appel embue le regard, une brume de tristesse est poussée au-delà par la pellicule plastique et ses harmoniques. Une douce ampleur - pareille à l’intérieur d’un regard où la même coulée réunit solitude et solidarité - ne se laisse pas distraire par une connaissance prérequise. Une disponibilité entière saisit là où tout est en place et où rien n’habite pleinement tant l’insaisissable domine et laisse volontairement le regardeur en attente le mettant face à ce qui révèle une évaporation ou une consumation.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:24 Publié dans Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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