gruyeresuisse

29/07/2014

Les sourdes dînent en silence - Léa Meier la bienfaisante

 

 

 

 

 

Meier.jpgLea Meier crée des femmes (entre autres) pour combler le vide intérieur de ceux (et celles) qui s’accrochent à leur visage. Certaines ressemblent à des mères veilleuses.  L’artiste n’est pas de celles qui vomissent sur le bonheur des autres. Leur joie l’accompagne, sachant que même les illusions restent des plaisirs qu’il faut saisir. En conséquence du désastre des trous du regard  qu’elle creuse remontent des songes et des cauchemars affichés de manière simple et subtile. Saisissant tout ce qui arrive et sachant que l’absence referme les tombes la Vaudoise  prouve qu’un passage demeure possible. Reste l’ostinato des images et ce même si elles ne chantent pas forcément sur des harmonies légères. Le dessin est fragile : le visage féminin est pris entre armes et carabiniers. Pour autant insensiblement une douceur renaît. Lea Meier secoue le monde et l’exhibe par une poésie plastique qui entretient la braise existentielle en y ajoutant parfois une simple poignée de traits. Cela suffit à rappeler à ses semblables le peu qu’ils sont. Défiant la bise qui souffle dans les creux des destins l’artiste croît malgré tout qu’il n’est pas de limite au dessin fût-il le plus simple. Néanmoins si elle existe elle peut être franchie du côté de l’Enfer comme du Paradis. Pour le prouver l’artiste aligne dans sa « nef des fous » bien des dériveurs et des rêveuses. On peut penser en contemplant ses œuvres  qu’un champ de bataille peut se transformer en pré aux moniales et que la pâleur d'un lit vide se fend d'une cohorte de coquelicots. C’est peu diront certains. Mais on pourrait se contenter de moins.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

Commentaires

Pouvez-vous m'éclairer sur vos sources et vos intentions?
J'ai bien peur de ne pas comprendre.

Écrit par : Léa Meier | 10/08/2014

J'ai mis une réponse après le commentaire de "Père Siffleur". Cordialement.

Écrit par : gavard-perret | 11/08/2014

Monsieur J-P G-P,

Si même l'artiste, celui de votre critique, ne comprend pas la démarche à son propre propos, vous comprendrez la difficulté que peut atteindre celle du reste du monde!... Et vous comprendrez mieux qu'un "père si flottant" et "flotteur de trouble" s'il en est, puisse vous avoir épinglé. Votre indignation indignée aurait-elle été indigne de vous?

... Ou alors le commentaire qui précède, celui signé "Léa Meier", n'est dû qu'à un imposteur, un malfaisant.
Malheureusement, de tels cas ce sont déjà produits, quelques avatars visqueux et incontrôlables rôdent et, soi-disant, personne ne peut rien y changer, même pas notre hébergeur Tamedia!

Écrit par : Père Siffleur | 10/08/2014

Réponse : Les visages de Lea Meier

Les dessins de Lea Meier font sauter les verrous de la conscience et de la tête en offrant des visages au regard faussement "vides". Le regardeur plonge dans l’abîme de l'identité. L'artiste fait passer de l’illusion subie à l’illusion exhibée. De l'oeuvre naît ce qui vide et remplit le visage. Une béance surgit par effet de clarté. Elle arrache à bien des certitudes. Se dégageant des histoires d'objectivité et de choses vues, ce n'est plus l'apparence qui est visible mais son dedans par effet de surface qui dissout le "moi". Surgit un fond de l'être, l'identité perdue. Léa Meier revient aux lignes essentielles. Son œuvre les distribue en une saisie différentielle et comme en dessous d'un seuil de visibilité. Apparaissent un pleurement sans larme, un rire sans éclat dans une recherche obstinée où - ultime paradoxe - au sein même du corps celui-ci ne fait pas corps mais fomente pourtant plus que lui. L'artificialité de l'art permet donc un retour plus violent sur ce qu'il en est de l’être. Ce corps devient le fantôme d'une musique de l’existence en une suite de découpes presque abstraites mais cruellement charnelles. La simplicité du trait déboîte le visage en une sensualité paradoxale qui au sein de la dureté devient velours et nacre. Les regards «en absence » nous dévisagent. L’œil évoque à la fois celui de Caïn et celui de "l'histoire de l'œil" de Bataille. Vie et mort. Indissociablement. Etats de corps aux confins de la surrection et de l'extinction. Le devenir art part de là où tout finit et tout commence.

Écrit par : gavard-perret | 11/08/2014

Si madame Léa Meier devait avoir compris, il n'en est rien pour moi!

Question à l'Artiste, Madame Meier. même question au Critique, Monsieur Gavard-Perret. Question simple, de la part d'un simple pékin.
Question qui n'est point celle de Sir Edmond un des personnages de Bataille.
Voici la question:
Une parties de l'oeuvre de LM ne serait-elle point "inspirées" de certains dessins d’Aloïse (1886-1964), Grande Dame légèrement "évaporée" et artiste majeure de l'Art Brut?

Écrit par : Père Siffleur | 11/08/2014

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