gruyeresuisse

23/07/2014

Nathalie Delhaye tueuse d'égo et d'évidences

 

 

 

 

Delhaye.jpgNathalie Delhaye répond parfaitement et par antithèse à la définition d’un certain art actuel selon Jim Harrison dans "Nageur de rivière" : « Historiquement l’art n’a pas besoin d’inclure les maniques au point de croix ou les pots en macramé. La thérapie du hobby prend vite la poussière. Essayer d’enseigner la créativité est la principale arnaque de notre époque avec la guerre en Irak et la chirurgie esthétique » (p 63). Loin d’une telle escroquerie la sculptrice  extrait de la matière une chair idéale, presque "pure" en ses formes. Elle va de l'avant et échappe à la simple analogie ou correspondance à un référent réel. Nathalie Delhaye nie l'illusion du réel ou du concept par coupes franches là ou l'Idée rejoint le concret.  La présence devient un point de vertige. Il dégage le regard de l'étau physique. Au sein de formes minimalistes et abstraites l’œuvre de la sculptrice dépend d’abord d’un chemin intérieur. C’est comme si des parcours virtuels se superposaient à celui du réel. "L’enveloppe" implique une intériorité qui métamorphose le monde en rendant sensible une présence et une nudité  qui se projettent sur le futur.

 

 

 

Delhaye 2.jpgLes formes parfois apaisent dans leurs cercles parfois elles se dressent vers l'inconnu. Un récit se défait  pour séparer l'être du réel au profit d'extases nues. Face à une culture du néant la Vaudoise arrache l'art de son  côté déceptif. Au cœur des interrogations du temps elle atteint une part de désir où la béance de l'indicible garde tout son sens en tuant tout égo. Surgissent l’effervescente beauté et l'intensité de formes recherchées pour leurs forces particulières créatrices d’éveil. La sculpture sort de l'état de  simple gaine,  fourreau ou étui, elle redevient un signe qui échappe à la seule fonction  de communication et de référence afin d’atteindre une fonction supérieure : ouvrir l’imaginaire en latence par celui que Nathalie Delahaye remet en jeu.

 


 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

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