gruyeresuisse

14/07/2014

Stephane Blumer : visions de près, visions de loin

 

 

Blumer.jpgStephane Blumer vit toujours entre deux temps, deux mediums, deux langages ou deux frontières. Hier en Suisse (il est né à Genève) aujourd’hui à Londres ou peut-être déjà à Beijing. L’artiste cultive les ambivalences, les ambiguïtés et la liberté. D’où son goût pour les langues et les objets à défricher par divers types d’hybridations ou de changements d’échelles. Toujours sensible aux connexions le créateur peut néanmoins créer - plus que des mixages - des isolements particuliers où l’être reste -stricto sensu en « ombre chinoise », en arrière plan. Pour l’artiste une rigoureuse mise en espace  vient toujours  non de la majesté qui paralyse mais d’une vulnérabilité  drapée de subtiles « cicatrices » par souci de la perfection.

 

 

Blumer 3.jpgA l’analyse Stephane Blumer préfère l’objet : parfois simple blason ou « emoticones » rendus obèses. Mais il peut travailler à partir d'architectures compliquées qui le font passer de Rauschenberg à  Cobra, de Tinguely au concept art. Le poids de l'histoire ne constitue pas un problème pour le Genevois. Le passé existe mais il n’empêche pas les expérimentations pour une création qui ne cesse de proposer divers types d’aventures plastiques et la confrontation de diverses cultures. L’artiste cultive les intervalles troubles entre volume et couleur, entre la main et l’œil, entre le corps et sa théâtralisation. Le spectateur est à la fois complice et exclu. Complice de l’illusion. Exclu  par des spectacles qui l’incline à l’admiration.


 Stephane Blumer est représenté par La Scatola Gallery de Valentina Fois (Londres).

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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