gruyeresuisse

09/07/2014

Les après-midi de chien selon Sophie Brasey

 

 

 

Brasey.jpgNon sans une pointe de forfanterie et de provocation Sophie Brasey fait de la photographie le plus singulier des passe-temps propre à traduire un monde oisif et plein d’ennui.  L’humour est toujours présent et râpe les apparences pour en perturber l’agencement. Sous forme de procès-verbaux du quotidien l’artiste s’amuse à enlever à l’eau tout caractère de fluidité et à rendre l’air solide comme un minéral. Le temps semble se bloquer au milieu des montagnes valaisannes ou sur d’exotiques plages.  Nulle agitation dans de tels territoires. Tout semble coiffé dans le vieux peigne de l’ennui. L’artiste ne cherche pas à saisir des temps forts mais ceux où rien ne se passe. Il ne faut par pour autant penser qu’une telle propension traduit une passion pour l’hindouisme. Contemplant ce qui dans le réel est en ordre mais devient de bric et de broc c’est une façon de mettre de la noix de muscade dan le saindoux de la réalité. Sophie Brasey la prend en otage et fait remonter d’étranges oiseaux des heures creuses. De leur chapeau d’amnésie et de chloroforme elle saisit la fragrance  sans qu’aucune grille de lecture ne soit offerte. Restent des vertiges, des lisières, des portraits : une adolescente vaguement S-M exhibe un toutou plus ou moins snob. Il est confident de cette fleur dont les habits de latex semblent une machine à étouffer toute vitalité.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

C'est beau la culture. Je suis Sophie Brasey depuis plusieurs années... je veux dire que j'admire son travail depuis plusieurs années... et j'aime beaucoup l'humour de ses photos qui reflète une Suissitude morne et grise.
Mais lire dans une critique ma foi fort bien torchée, hûhûhû, que sa Hauteur confond un "toutou plus ou moins snob" avec un chat de la race des sphynx me hérisse le poil.
Si j'ose dire.

Écrit par : Michel | 09/07/2014

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