gruyeresuisse

07/07/2014

Olga Titus au miroir des fausses ressemblances

 

 

 

 

 

 

 

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Si l’on demande à Olga Titus dans quoi est fondé ses images elle répond : dans un moment d’aberration. Mais il fait bien les choses. De faux-cils en aiguilles l’artiste pousse le voyeur de ses œuvres jusqu’à ce qu’il entonne la fameuse plainte d’un humoriste : « Fallait-il que vous me plûtes, que je vous aimasse et vous appréciâtes pour que vous m’assassinassiez ». Mais avec Olga le meurtre en jardin helvétique est des plus doux. Les exercices de stèles et de styles créent une suite de preuves figurales volontairement réfutables dans un kitch   acidulé et suave. L’artiste rappelle que tout corps plongé dans la vie est fait pour la caresse (du regard) et l’amour (des images). Bref il est là pour l’extase et le trouble.

 

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En conséquence il n’existe aucune place dans l’œuvre pour la tristesse et le remord. La moindre petite flamme du regard fait craindre des incendies. Mais s'en extraire reviendrait à prendre le risque de mourir loin de l’abîme des désirs. Or, seul l'illimité de leur clôture donne au corps sa primauté. C’est pourquoi les femmes de l’artiste n’ont pas la peau des pierres qui se sont tues. S’y ressent le souffle du vivant, des courants d’air, les forces de la jovialité, le charme sexy comme  l’auto dérision. Tout cela peut prendre parfois l’aspect d’un certain chromo exotique. Il s’agit du moyen de  dégrafer la robe noire de l’art lorsqu’il fait trop dans le Chanel. Olga aime que le corps s’égare loin des triages admis. Elle pose sur lui son regard en flux de comètes. De dessous ses paupières elle atteint l'inaccessible berge de celles qui parfois  portent  un  T-shirt Itzu  et qui pour veiller sur elles se contentent d’un  lapin de plâtre en guise de doberman dormant en chien de fusil.  Olga ne  le photographie non comme preuve irréfutable d’un manque du sérieux animal mais pour faire de la prise bon usage plus tard. Il sera la première relique d'un burin sur glacis plus brûlant que glacé.

 

 

 

Jean-Paul Gavad-Perret


Galerie Adrian Bleisch, Arben du 27/9 au 1/11 2014.

 

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