gruyeresuisse

06/07/2014

Alain Huck : circuits mouvants des images fixes

 

 

Huck bon.jpgAlain Huck, Skopia, Genève.

 

 

 

Dans le travail d’Alain Huck l’image est là tout en « disparaissant ». L’artiste de Vevey propose des plans larges, englobants, parfois monumentaux. La couleur qu’il applique sur la surface par divers processus numériques est un trompe-l’œil, une soumission de faussaire au réel. Le créateur cultive un kitch particulier et  une séduisante imposture facile à déjouer puisqu’il joue avec. Mais le rôle de telles images est bien plus complexe : elles spatialisent le temps et temporalisent l’espace. De plus elles arrêtent des moments ou du moins stoppent la vitesse ou l’écoulement (d’une chute d’eau par exemple).

 

 

 

Huck.jpgL’image crée une peau, un corps. Mais il lui fait un vêtement d’accrocs, de rides, de froissures, d’effilochements, de recouvrements à travers des textures particulières. Elles ne viennent pas seulement du réel en représentation mais de la technique qui la crée. Le travail met le cours du temps en majesté paralysée mais non sans beauté. Tout se pare d’une vulnérabilité, se drape de réseaux épidermiques. Se crée un trouble entre ce qui est retenu de la réalité et sa théâtralisation. Le spectateur hésite, avance. Il est à la fois complice et exclu. Complice de l’illusion. Exclu par un spectacle qui le pousse à l’admiration.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les commentaires sont fermés.