gruyeresuisse

05/07/2014

Shirana Shahbazi : barocco metrico

 

 

shahbazi portrait.jpgD’une poignée de fruits, d’un crâne et d’un tremblement qui à peine secoue un rideau noir Shirana Shahbazi transforme la vanité et  la nature morte en une maison aussi grande qu’un corps de femme. Par ses toiles figuratives tout frémit sans cause vraie et égare. A l’inverse par effet de frontons et de surface dans les œuvres au géométrisme abstrait l’artiste irano-suisse, renouant avec une avant-garde zurichoise, impose à la fois une distance (par l’abstraction) mais aussi une proximité par la force des couleurs. Humble dans les natures-mortes elle devient ferme ici, en des pas de côté pour feindre une danse ou parer un coup de grâce.

 

shahbazi.pngLa double postulation la peinture accroche la lumière selon diverses modalités : celle d’une bougie fiévreuse d’un côté un soleil de l’autre. Les deux créent une intensité où l’histoire de l’art est revisitée  avant de s’en remettre à de nouvelles clartés qui ne cherchent pas à battre l’estrade. Par ce corps dual la créatrice « montre » le sien. Beauté d’amour ou amour de la beauté ? S’accorder à l’un fait le jeu de l’autre. Cette complicité éblouissante change le morbide en théâtre troublant.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

Nature morte et vanité. Ce tableau de S. Shahbazi me fait penser à une composition de David Bailey que vous pourrez voir ici dans un beau reportage, en poursuivant quelques minutes après le démarrage - à la 42e minute 27 - vous verrez une Vanité encadrée de roses séchées. Bailey sait, aussi, "changer le morbide en théâtre troublant" :

http://tinyurl.com/qj8y3l4

Écrit par : Ambre | 05/07/2014

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