gruyeresuisse

30/06/2014

Une femme douce : Barbara Schaubacher

 

 

 

Schaubacher 2.pngPour Barbara Schaubacher l’amour est sans « merci ». L’artiste en suit le mouvement dans ses images fixes ou mouvante : « Elle est couchée, éteinte / Le désir mal aimé de l’homme / se dresse / léger comme un rayon de lune » (Hugo Claus).  Elle a besoin d'établir un dialogue avec ce qu’elle peint ou filme même s'il s'agit d'une idée. Surtout une idée de l’amour et sa mécanique des solides par laquelle s’interpénètrent des êtres qui cherchent la fusion des chairs avec l’âme même s’ils demeurent plombés  dans la solitude du désir. Mais qu’importe. C'est comme ça que se tisse la dynamique particulière des images. Cela pourrait conduire à une certaine incohérence : d’où les vagues de  formes obliques dispersées dans les travaux de l’artiste. Demeure néanmoins  toujours une symétrie entre désordre, chaos, pathétique, douleur, plaisir.

 

 

 

Schaubacher.jpgL’amour fait du film phare de Barbara Schaubacher « Art, érotisme et nature » un long poème syncopé, hachuré, nourri d’échos et de traversées en forme d’empreintes et de traces sur les visages qui deviennent des partitions musicales où ne demeure que l’isolant du désir lorsqu’il est en acmé. Même dans l’abstraction il s’agit des corps. Ils se livrent pudiquement au plaisir du regard comme de la caresse. Ils restent ouverts à toutes les lectures, les captures et à toutes les interprétations. La langue plastique devient la plus juste pour dire l’intime et ses mystères chez une artiste qui s’est recluse avec le temps.

 

 Jean-Paul Gavard-Perret


 

De Barbara Schaubacher : „Art, érotisme et nature“ (film)

 

08:45 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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