gruyeresuisse

29/06/2014

Edouard Fontannaz l'"argonaute"

 

 

 

Fontannaz.pngŒuvres visibles LAC Vevey et FLAC Lausanne. 

 

 

 

 

 

La réalité, le quotidien restent paradoxalement ce qui hante l'art de Fontannaz même si ses œuvres sont habitées d’une forme d'abstraction ou de symbolisme - ces deux termes sont utilisés ici uniquement afin de suggérer combien le propos pictural s'éloigne d'une peinture réaliste. Le Vaudois dérange l'ordre par des combinaisons de figures et des effacements. Elles ne cessent de jouer sur les variations de couleurs, de rapports de tons et de cadrages. Chaque toile se construit lentement en diverses couches même si parfois un spontanéisme  initie l'œuvre. Elle est néanmoins reprise, érodée, "usée" jusqu'à ce que l'artiste parvienne à atteindre une vision intérieure du monde qu'il reprend "à sa main". Son travail reste le moyen de partir du monde afin de fonder un langage obstiné dont les formes touchent aux questions esthétiques et existentielles qui se posent à l’artiste comme au regardeur afin de les déplier hors du temps (même si elles se nourrissent de lui).

 

 

 

fontannaz atelier.jpgFontannaz atteint une sublimation dans une époque où souvent ne se conjuguent que le mou et le rien. Afin de faire surgir les ombres blotties dans l’homme et permettre l'apparition d'un sens noyé dans le silence l'œuvre passe par redéploiements et reprises. L’énigme du monde, des choses et de l’être émerge en cet effort qui la rend encore plus riche à travers les couleurs et les lignes. Une telle peinture  par effet retour se rapproche du réel d'où elle est sortie. Mais désormais une autre vie  l'innerve. Le chaos organisé et sa torsion deviennent une chose mentale faite de fissures et de failles. Néanmoins l'artiste reste le combinateur de constellations obstinées. Son œuvre ressemble au vaisseau Argo qui ne comportait aucune création mais rien que des combinaisons. Accolée à une fonction immobile, chaque pièce était infiniment renouvelée, sans que l’ensemble ne cesse d’être le vaisseau. 

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

08:56 Publié dans Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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