gruyeresuisse

25/06/2014

Angela Marzullo à hue et a dia

 

 

Marzullo 3.jpgAngela Marzullo : Makita Sisters, Espace Noir, St.Imier, 2014 We’ve got five years stuck on my eyes, TM Project, Genève.

 

 

 

Angela Marzullo est une sorcière. Ou si l’on veut rester conforme à son prénom : un ange noir. On sait d’ailleurs ce qu’il en est du sexe des anges : l’artiste en joue. Mais ne s’arrête pas là. Elle polémique avec la mort en prouvant que la peinture comme le cercueil sont des couches bien minces entre le temps et l’éternité. Dès lors si à travers les nécrologues on pourrait écrire une histoire picturale divine, les voyages plastiques de la genevoise changent la donne. Une promenade avec l’artiste méphistophélique reste donc la plus utile leçon de philosophie sarcastique et  le parfait  vaccin anti-sottise.

 

Marzullo.jpgAngela Marzullo devient au besoin araignée pour tisser la grande corde le long de laquelle nous pourrions grimper, afin de quitter nos abîmes. Ses installations deviennent  autant de baisers de Judas sur le masque de la réalité. Mais après tout un baiser est toujours bon à prendre. Et qu’importe si avec son corps amoureux l’artiste ne dessinent pas sur les murs de  beaux poèmes plastiques mais préfère les mâchurer de tachisme sanguin. L’artiste ne cherche en rien les honneurs et ne gagne pas ses fleurs par des appâts rances des standards de la  « beauté féminine ». Et si Angela Marzullo si porte une croix c’est une croix  bien à elle  distanciée et en rien suicidaire. Il y a belle lurette que la genevoise s’est tirée d’un péché (originel ou non) et qu’elle cultive une élégance particulière : ce qu’elle trouve séduisant ne réjouit pas forcément le gogo rêveur de l’acupuncture aux flèches de Cupidon.

Marzullo 2.jpg

Son œuvre déclenche des soupirs particuliers : ils n’ont rien de ceux que font surgir des madrigaux. Mais c’est une manière de cultiver l’altruisme jusque dans l’amour où elle verse un peu de désespoir tel un clou enfoncé dans la côte de notre périssabilité. Preuve que « Quasimoda » reste  une Princesse Charmante. Sachant que faute de mors pour freiner leurs plaisirs les hommes se muent en bourreaux et bourrins elle s’arrange pour qu’ils n’estiment plus jamais ça beau.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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