gruyeresuisse

22/06/2014

Valentin Carron : du bon usage du mystère

 

 

 

 

 

Carron 3.pngValentin Carron aime les énigmes et la (douce) provocation. Ses œuvres sont des proies devenant ombres mais l’inverse est tout aussi vrai. Le regardeur pérégrine à travers des indices dont la force d’inertie secoue. A l’exaspération du plaisir fait place un espace où la réalité est concevable uniquement sous une forme essorée. Elle transforme la chair sensible et flamboyante du réel en un presque vide au sein d’un constat visuel austère mais drôle. Il n’y a plus rien à ajouter au constat que dresse une œuvre lucide et corrosive.

Carron 2.pngL’épure y fait merveille. Elle lie à la détermination de son élan comme à une forme de ténèbres.  Valentin Carron  propose des hantises où le réel demeure tapi. Nulle question pour lui d’en faire le deuil : il ne cesse d’en provoquer la renaissance. L’artiste opère donc la coagulation de nos fantômes. Il convient d'entrer dans leur épaisseur. Elle rappelle la vie d'avant le jour en un langage minimale et sa syntaxe primitive et sourde que nous voulons ignorer. Elle agite autant le vide de l'être que le faux plein du monde.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:42 Publié dans Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

JPGP a la grâce des mots et Père Siffleur celle des tropiots . Voir les animaux dénaturés de Vercors ou tout simplement ... Pouic pouic .
L'inverse est rarement vrai .

Écrit par : Villeneuve | 24/06/2014

Les commentaires sont fermés.