gruyeresuisse

15/06/2014

Isabelle Ménéan et les oiseaux de sang

 

 

Menean.jpgIsabelle Ménéan Galerie FORMA, Lausanne.

 

Entre les oiseaux et le cœur ulcéré il n'y a qu'un pas. Isabelle Menéan parfois le franchit. Ses tendres volatiles ont quitté les clochers, les poteaux électriques et les branches. Ils témoignent de la vie et de sa douleur dans leur rouge sombre dont témoigne leur chair vivant. Elle devient cri - plus que chant - de présences innocentes mais presque calcinées. Une certaine brûlure reste sous-jacente là où les oiseaux semblent à la fois dans et hors du temps.

 

Chaque aquarelle est une sentinelle vive, immobile, égarée ou en fuite. Symboles de l'intimité déchirée ses oiseaux deviennent des cœurs bafoués aux larmes retenues et métamorphosées au sein de paysages incertains et à peine esquissés. Tout bascule ou monte là où les volatiles - par delà  ce qui grésillent en eux de noir et de rouge  - attendent une résurrection ou  que la vie résiste au temps  - malgré eux ?


menean 2.jpg

 

Ils permettent à la créatrice de toucher aux racines de l'être et à son existence dévastée, reconstruite entre l'extase et l'anéantissement, entre l'ici et l'ailleurs. Il ne faut chercher de salut, un dernier refuge mais le savoir ultime. L’aquarelle sombre devient le tourment charnel qui désosse ou déplume mais ne se dérobe jamais.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

15:21 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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