gruyeresuisse

11/06/2014

Betty Tompkins et ses extrapeaulations à l'Art Basel

 

 

Tompkins 2.jpgLa puissance souveraine de l’amour a pris racine chez Betty Tompkins dans des situations ("fuck paintings") qui portèrent l'œuvre jusqu'à la censure. l'artiste fut occultée avant son retour en grâce au début du nouveau millénaire. Il est vrai que si chez elle le corps manque de ciel (sauf celui du lit) il est riche en fluides par ses baisers fougueux saisis en très gros plan quelles que soient les lèvres. Ils deviennent l'écho de notre viande qui pour la photographe reste la seule valeur afin de retenir à l'existence en dépit de ses affligeantes afflictions. Selon Tompkins l’esprit humain ne voit rien. N'existe que le sexe pour affronter le monde qu'il soit de l’autre ou du même.

 

 

 

Tompkins.jpgLes « nouons-nous » de l'artiste définissent une suite de postures de fusion dans le travail de la jouissance. Le supplément de réalisme permet à la créatrice  de toucher les lieux les plus intimes de l’être. Ils perdent paradoxalement en voyeurisme tant l'apport du très gros plan fait le jeu de la distanciation.  Et si par effet de muqueuse sont saisis des accords pathétiques ou libertins la prise outrepasse la pornographie. Qu’importe si dans ce théâtre de vie sexualisée les modèles sont des acteurs ratés et si au moment de la prise il n'y a pas forcément de la beauté.  La langue permet au discours "amoureux" de se poursuivre sur d'autres voies. S’ose là  une « vérité » brute. Surgissent la possibilité d’un voir paradoxal et de cet « inannulable moindre » dont parlait Beckett. Au regardeur de se demander ce qu’il peut en faire.

 

Jean-Paul Gavard-Perret


L'œuvre est visible à l'Art Basel sur le stand de la galerie Rodolphe Janssen.

 

Commentaires

Monsieur Gavard-Perret,

Vous nous dites: "...la prise outrepasse la pornographie".

Je n'étais pas au courant! Il me manquais la prise!
Mais, afin que je ne meurs pas idiot (petite mort uniquement), dites-moi: cette prise est-elle mâle ou femelle?

Écrit par : Père Siffleur | 11/06/2014

Cher Père Siffleur : je vous reconnais bien là. Disons que pour de tels transports amoureux la prise est multiple.

Écrit par : gavard-perret | 11/06/2014

Les commentaires sont fermés.