gruyeresuisse

07/06/2014

Anne Rochat et les corps conducteurs

 

 

 

Rochat.jpgLe corps est au centre de l’œuvre de la Lausannoise Anne Rochat. Dans sa performance « Pull the Strings » elle en oppose deux « versions » : celui de l’artiste tourne frénétiquement. L’autre reste statique. Des néons suspendus au dessus réagissent aux mouvements du premier en  créant une danse magnétique au moyen d’électro-aimants doublé d’un système électronique fixé sur ce corps en actionnant un champ électrique que l’artiste contrôle et module afin d’altérer l’énergie des néons. Le musicien Louis Schild les transforme en sons dans un double jeu de séparation, de  fusion, de vide et de plein, d’accord et de lutte entre le son et corps, de forces électriques et magnétiques, voire de vie et de mort.

 

 

 

Rochat 2.pngL’œuvre offre une originalité par les propriétés de ses figures et leurs inductions diverses. Elle constitue une somme d’explorations au sein d’un « champ de base »  du corps, de son statisme comme de ses errances programmées. Dans les recherches d’Anne Rochat les interstices entre les corps jouent sur des systèmes de correspondances ou plutôt de « transports ». Les corps « conducteurs » surmontent l’obstacle de la simple linéarité en des géométries variables. Elles remettent en question la relation des œuvres entre elles mais aussi le rapport entre l’espace et le regard.  Il n’y a pas là effet d’étalage mais de métaphores par les coïncidences qui se créent au sein de divers types de narrations propres à suggérer des vertiges à plusieurs niveaux.

 

 

 

Jean-Paul Gavrd-Perret

 

Les commentaires sont fermés.