gruyeresuisse

22/05/2014

Sabrina Biro : indices et stratagèmes

 

 

 

Biro oui.jpgLors de l’exposition « La belle contrainte » Sabrina Biro  proposaitune intervention éphémère où elle ouvrait à l’épreuve de la rue des images « anodines » et pourtant très intimes dans le choix retenu :  oiseau mort sur un mouchoir, platine d’enregistrement,  jeune fille au flash en soutien-gorge et blazer mais aussi une vache "gothique". Cette dernière fixe l’objectif imprimant chez le regardeur une sensation étrange de toucher à une image mentale. Depuis la créatrice met en scène des natures mortes fondées sur des motifs de « tatouages ». Cœurs, roses, dagues, crânes etc. sont assemblés selon les représentations qu’on trouve dans les armoiries comme dans les catalogues de studios de tatouage. Ces images amalgament les symboles et signes de l’histoire de l’art revue et corrigée par la culture urbaine underground.

 

 

 

Biro.jpgL’artiste en ses vanités garde l'odeur de sainteté en horreur. L'ostentation possède un aspect particulier : il s'agit de faire surgir les images plus profondes influencées par le religieux ou le vernaculaire des vanités ou du gothique. Néanmoins en de telles mises à jours, il existe forcément une sorte de "pornographie" si on entend par là que la Vaudoise donne à voir de la façon la plus crue ce qui échappe à la vue. Elle n’exhibe rien pourtant du cercle de l’intime : devant chaque œuvre le regardeur reste un Narcisse mélancolique interrogeant la généalogie de fantômes inconnus.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les commentaires sont fermés.