gruyeresuisse

11/05/2014

De lady be good à lady bigoudis : Christopher Williams

 

 

Williams Mamco.jpgChristopher Williams au Mamco.

 

 

 

 

 

Sous prétexte de nouveau réalisme photographique Christopher Williams se joue de tout et ose même une critique de l’art critique.

 

Tout reste à réinventer où

 

Les éclats d’Eros perdurent

 

Même là où un coiffeur a planté ses bigoudis.

 

À la nuit blanche de grande lune

 

Le photographe préfère le souffre orphique des soleils noirs

 

La femme est seule

 

Mais celui qui lui a coupé le cœur en deux 

 

N’est pas loin (au besoin l’artiste le remplace).

 

Chacun des  deux morceaux se gorge d’harmonie

 

Les seins se font chaudron

 

Et célèbrent le réel :

 

Qu’il guérisse ainsi de la maladie du temps.

Williams 3.jpg

 

Williams prouve que le corps ne peut périr

 

C’est peu diront certains

 

Mais on se contenterait de moins.

 

Il y a même là de l’infinie compassion.

 

Autour de la mort qui rode

 

Que les illusions remontent en cristaux

 

Telle une neige dans les chambres d’été

 

Et face la brillance du vide

 

Reste plus que compensatoire.

 

Qu’un lit ne soit plus que celui d’un torrent desséché

 

Mais celui d’une femme  qui passe aux aveux

 

Serpentin autour de l’échine

 

Ou galaxie sous la nuque bardée de bigoudis

 

Rassure

 

Fervent doit être le désir qui recrée la psyché de l’amour

 

A l’aube d’un rire.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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