gruyeresuisse

11/05/2014

Art-Phi : perles de lueurs

 

 

 

 Artphi 2.jpgwww.art-phi.com, Lausanne.

 

 

 

A la recherche de l’intimité féminine Art-Phi (aka Olivier Francillon) ne cherche pas l’indécence. Ses modèles échappent partiellement à la vue. Elles restent les montrées-cachés qui ne donnent pas de réponse à l’abyssale nudité du corps. Le plaisir du voyeur à former avec l’image  un duo est écarté. Fidèle au jeu érotique l’artiste propose de repenser la valeur et la fonction de la photographie dite de nu.

 

 

 

Le Lausannois en  efface en partie son langage. Il rappelle qu’en photographie la nudité n’est pas la chair. Le plaisir ou son appel  n’ont chez lui qu’une place remisée. La complicité se fait dans le différé, le suspens. L’exhibition d’un dehors devient la complice d’une forme de gravité. Elle pose la question de la solitude non pour la repousser mais parce qu’elle engendre un remotio particulier. Il  articule à ce qui est dévoilé à ce qui ne peut se pénétrer. L’être y est éprouvé dans sa fragilité et un demi éveil. La chair semble incrédule à la morsure amoureuse, au ruissellement du désir. Reste une place à l’œil vers le chemin du cœur. Au regardeur de le découvrir dans des photographies argentées. Ce qui croule et dévale se fait complice de bien des ambigüités. Pour emporter le rêve bien sûr. Mais aussi ce sur quoi s'estime une relation, son échec ou sa réussite, ses crépitements, ses tracés, ses émotions, ses amertumes.

 

 

 

Artphi.jpgL'innommé, l'invisible peuvent alors faire surface, ils ne sont plus retenus, confisqués par la simple exhibition charnelle. Il convient d’errer au fond d’histoires dont Artphi ne délivre pas la clé. Reste une certaine pudeur plus que l’extase. A la faim du loup se superpose une légende en image. Dans les murailles d’indices qu’un bas blesse, qu’un pull recouvre et sur ces perles de lueur le temps vient faire ses griffes en un perpétuel sursis.

 

 

 

Jeran-Paul Gavard-Perret

 

 

 

15:32 Publié dans Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Un mystère est sous la chair, notamment sous les rondeurs féminines. Vénus y dépose ses guerriers vêtus de fleurs.

Écrit par : Rémi Mogenet | 13/05/2014

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