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25/04/2014

Les alchimies d’Eva-Fiore Kovacovsky

 

  

 

kovacovsky 2.jpgEva-Fiore Kovacovsky, « Caravan 2/2014», Aargauer Kunsthaus, Aarau, du 10 mai au 27 juillet 2014.

 

 

 

 

Eva-Fiore Kovacovsky possède un double prénom prédestiné à son œuvre. Il y a en lui le rappel implicite du jardin d’Eden et une évocation florale. Il va donc comme un gant à la Bernoise, ses explorations des plantes et leurs manipulations plastiques. Ce qu’elle observe et trie la jeune artiste  le transforme en de nombreuses étapes. Par la fragilité du végétal et sa complexité la sophistication de l’art surgit là où on l’attendait le moins. Il s’agit de conserver aux plantes leur « désir » sans le réduire à une apparence, à une image. L’objectif est aussi de conserver l’intact d’une sensation visuelle quasi primitive. L’artifice de « conservation » est exclu. Eva-Fiore Kovacovsky crée une transmutation sans recours à la  transsubstantiation.

kovacovsky.pngProches - paradoxalement - des œuvres de Sophie Taueber Arp et Hans Arp présentées dans le même espace les célébrations tex urologiques de l’artiste restent la manière de s’extraire du temporel et de l’anecdote sans rejoindre totalement un monde d’universaux. L’artiste devient actrice de la métamorphose et de la présence dans des lieux d’impénétrables proximités où surgit le merveilleux d’  « herbiers » très particuliers. Ils sont créés non à la manière d’une scientifique (même si une expérimentation a lieu) mais d’une poétesse inimitable par la délicatesse et la rigueur extrêmes de son approche qu’elle est - à ma connaissance - la seule à imaginer de la sorte. Sachant comme le dit Francis Ponge que  « la nature fait des miracles », l’artiste en   isole des exposants de manière originale et radicale sans les « dénaturer ».

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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