gruyeresuisse

18/04/2014

Albert Oehlen peintre du passé au plus insistant avenir

 

 

Oehlen.jpg« Croyant » de la peinture Albert Oehlen - qui partage sa vie entre la Suisse et l’Espagne - cherche toujours à la porter plus loin. Satisfait lorsque ses toiles ont l’air « mal » peintes il pousse, tord, tire son travail le plus loin possible et ne travaille jamais d’après dessins. La composition se fait en avançant. Au fil du temps les idées changent, évoluent. C’est pour Oehlen une contrainte à laquelle il se soumet de gré ou (surtout) de force.  Par exemple, pensant à Richter, il a peint  un oiseau, un carré et un anus, comme l’aurait fait ce peintre mais en brossant dans tous les sens.  Son tableau le fascina et il décida de poursuivre dans cette voie. La peinture qui paraissait noire dans le pot n’était pas noire sur la toile il devait ajouter du rouge puis brosser pour l’éliminait en fonction du résultat voulu : « Personne ne se livre à ce genre d’expérience idiote, sauf moi. Matthew Barney l’a fait dans son film Drawing Restreint. Mais là, c’est presque une oeuvre conceptuelle : on voit les contraintes et le résultat. Cela me permet de faire des choses que je ne ferais pas autrement et de m’obliger à y réfléchir. C’est une distraction ». Mais les « grey paintings » étaient nées. Elles lui permirent d’offrir la  « peinture la plus atroce qu’il ait jamais vue ».

 

 

 

Oehlen 2.jpgPortant toute son attention sur le tableau il ne s’attache qu’à lui et l’architecture des galeries ou des musées ne lui importent pas. Sensible aux contraintes pratiques et techniques l’artiste essaye d’en changer tout le temps afin de se battre avec son propre matériel et ses matériaux. Il en va de même pour ses « Computer Paintings ». L’aspect de surface rappelle celle des images numériques. Mais Celles d’Oehlen n’ouvre pas  sur l’avenir. Elles font exactement le contraire. Elles renvoient au passé. « J’essaie de corriger l’image pixellisée et j’aboutis à une image peinte à la main. C’est une sorte d’inversion. Au lieu de regarder vers l’avenir, elle se retourne vers le passé. Et l’ordinateur ne m’aide pas. C’est moi qui aide l’ordinateur ». En ce sens Oehlen se revendique comme peintre du passé donc le plus actuel qui soit.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

13:50 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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