gruyeresuisse

20/03/2014

Roger Pfund : Maria (Callas), Colette et les autres

 

pfund bon.pngRoger Pfund – galerie Isabelle Dunkel, Carouge.

 

Roger Pfund lorsqu’il peint, dessine ou grave des femmes se contente d’esquisser les jalons du mythe amoureux à travers des icônes. Il ne retranche pas le désir. Mais n’insiste pas non plus. Ne se voulant ni saint ni démon ni même amant il se revendique artiste. La femme est  représentée en solo comme si son existence devenait immersion dans sa propre peau. Elle épouse la chair là où la magie des traits et des couleurs prend le relais du sexe et de la notoriété (soit elle celle du mythe)  afin de graver une prière implicite : que rien ne vienne déranger le plaisir féminin de ce qu’il est.

 

pfund.jpgTous les mots sont tombés en chemin comme une petite monnaie. Le souffle de la couleur transcende le portrait pour interroger la force de l’éros qu’il suppose. La femme s’y fait première de cœur et de corps, de voix ou d’écriture, consciente d’éprouver la jubilation du désir et la plénitude de l’accomplissement. Elle est celle qui demeure sans jamais changer. L’étreinte la noue à elle-même. Roger Pfund le suggère dans un poème optique et muet qui ne perd jamais de vue - en dépit de ses fragments -  l’unité et l’excès. Le monde est comblé et l’espace  ouvert là où, lorsque la fleur trouve sa tige, le plan est occulté. Reste l’iconologie subtile qui s’affronte dans un mouvement de colline et de flux offert à la promesse hors de mesure.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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