gruyeresuisse

12/03/2014

Les déflagrations silencieuses de Thomas Huber

 

 

 

Huber.pngThomas Huber, Skopia – P.H. Jaccaud, du 20 mars au 10 mai 2014.

 

 

 

Avec Thomas Huber le spectateur fond dans un réel transformé pour se reconstruire selon une autre dimension aussi « carrée » que diaphane. Le monde semble à la fois grandiose et intime par effet de contact différé. Face aux éclats médiatiques l’artiste impose sa rigueur, son ascèse où néanmoins les couleurs provoquent une sensorialité particulière. Le regard est soumis à un écart, une dérive que souligne l’artiste dans ses mises en abîme. Surgit le silence dans une circulation des formes  en un espace inconnu : désert plus que désert et qu’on ne peut nommer. Il faut pourtant s’y enfoncer car en dépit de la froideur poussent des valeurs humaines que l’apparente inanité caresse en pénétrant l’être et en le déliant doucement.

 

 

 

L’art devient celui du souffle encadré, du souffle qui tremble à la limite du réel et de l’irréalité. Apparaît la région des tremblements furtifs où tout se découpe avec précision en un double registre pour que résonnent la voix du passé et les appels d’avenir. Au delà des géométries la lumière met un sceau aérien dans chaque toile. S’y entendent subrepticement  des résonances  venues de partout ou de nulle part. Huber montre en ce sens et avec superbe l’extrême ténuité de l’être par des images singulières unies et séparées qui viennent se rencontrer en une déflagration silencieuse.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

08:50 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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