gruyeresuisse

25/02/2014

Chiens chauds et autres phallus – Beni Bischof le "scrapper"

 

 

 

 BeBishof.jpgni Bischof, Sommer & Hohl, Berlin, et atelier à St Gallen.

 

                         

 

Beni Bischof est le parfait descendant des dadaïstes dont on trouve désormais la trace plus dans l’ex Europe de l’Est (Russie comprise avec le modèle des Pussy Riots) qu’en Europe de l’Ouest. L'artiste de Saint Gall s’auto-publie dans le fanzine « Lasermagazin » et expose (entre autre à la dernière Biennale d’Art Contemporain de Moscou ou à Berlin). Il ne cesse de tourner en ridicule la peinture (en s’inspirant de Basquiat), la photographie (de mode par exemple) ou la sculpture (en introduisant du fétiche de cire ou de feu dans ou sur le fétiche premier). Bref Bishof se moque de tout dans diverses techniques de mixages ou au sein d’actions transformatrices pour briser les structures canoniques des arts. Ses œuvres sont des poubelles de signes. Avec la série Meta-Fingers  ses doigts et des Knackis de Herta suffisent à « scrapper » le réel dans divers champs et chants dépendages. Son sacrilège reprend  désormais la jonction   entre production de sacré et de fécal que Paul Valéry lui-même avait anticipé lorsqu’il écrivait « L’objet d’art excrément précieux comme tant d’excréments et de déchets le sont : l’encens, la myrrhe, l’ambre gris ».  Beni Bischof répond à la consommation massive de signes par les tas qu’il en fait et qu’il propose comme médicaments aux constipations morales. La poubellisation des signes, la démolition des objets et la mutation des hiérarchies créent un long happening littéraire et/ou plastique destiné à ébranler le statisme et à provoquer des réactions inédites, des comportements nouveaux et anarchiques. Le créateur invente en cassant.  Mais son travail est aussi une sorte d’engrais organique en quelque sorte.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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