gruyeresuisse

23/02/2014

Lifang : la nudité n'est pas un songe

 

 

 

Lifang.jpgLifang, "Les rochers sont les racines des nuages", Red Zone Genève, mars-mai 2014.

 

 

 

Dans la période d'ordre moral qui préside encore à l'ère post-collectiviste chinoise  Lifang fait figure (comme Ai WeiWei qu'elle défend)  de décadente. Le nu est au centre de sa recherche. Pour autant  le voyeur n'est pas ici en territoire conquis d’autant que l’artiste renoue avec une tradition chinoise peu encline à la dénudation vériste. Le voyeur peut être toutefois conquis par le "territoire" de peintures inspirées par des photographies d'internautes qui se montraient dans le plus simple appareil pour défendre Ai Wei-Wei accusé de pornographie.



Lifang 2.pngNéanmoins plus que faire l'éloge du corps nu l'artiste souligne sa "choséité". On discute d'ailleurs parfois les mérites supposées ou non d'une telle approche mais aussi de ses modèles…. Se pose toutefois la question centrale de la peinture de nu  : qu'ouvre-t-elle ?  Un autre artiste chinois (Pang Guohua) affirme que le nu permet de voir comme on n'a jamais vu. Lifang est plus réservée :  son approche  est éloignée des nus d'un Hopper par exemple. Le corps est ici constitué de carrés : ils caviardent autant qu'ils montrent la nudité. Disons qu'ils la suggèrent en  marquant un temps de l'histoire chinoise sans que les fantasmes repoussent comme du chiendent.  Chez Lifang il existe toujours  moins d’insistance que de délicatesse : ou si l’on préfère au plaisir qui tue l’artiste opte pour la douceur qui fascine.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

 

 

Les commentaires sont fermés.