gruyeresuisse

19/02/2014

Erica Pedretti : d’autres miroirs que les yeux

 

 

 

 pedretti.jpgLorsqu’elle est romancière, Erica Pedretti écrit des vies selon divers regards et formes de récits. Elle tente de reconstituer les mémoires en ruines de celles et ceux qu’elle a connus en donnant vie à ses héros ou plutôt ses perdants  aux existences en charpie. Ils sont restés silencieux le long de leur existence : dans l’œuvre ils se mettent à parler d’une voix surprenante et parfois décousue. Elle avance pour percer le silence et afin qu’un souvenir encore vivant ne se réduise en une simple fiction. Si tout était terminé une fois pour toutes entre la romancière et le personnage elle n’y penserait plus et n’aurait plus besoin d’écrire sa « vraie » histoire.  Néanmoins la romancière garde  une distance avec ses modèles  à la fois pour évite la myopie et parvenir à casser certains refoulements de la mémoire. Et l’auteure de préciser : « quand on est plongé dans quelque chose, quand on est personnellement touché, je ne crois pas qu’il soit très facile d’en parler et de trouver une forme qui ne soit pas sentimentale ou de mauvais goût. Mettre en forme quelque chose que l’on est en train de vivre me paraît presque impossible ». L’oeuvre n’a donc pas forcément un pas un élément concret à  transmettre : elle est la parole ou l’image intentée à l’absence.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

çà me plait de vous aimer avec cette souffrance de moi.Je suis là avec vous deux, et à mesure d'écrire, je disparais, je me di lue, la trace qui en d coule s'engouffre, habille l'absence. Le corps s'emboite dans l'écriture et avance en y laissant l'être de sa peau comme un gant retourné par la main qui se re tire. Le retrait laisse une présence doublée. Les absences dans lesquelles s'engouffre la trace pour ne remplacer rien de ce qui a été vécu ou supposé l'avoir été, en consigne le désert par lui laissé. comme la nuit peut etre un écart entre deux chutes. Le jour. une chute entre deux nuits.Soustractions pas à pas additionnées à l'absence qui semble dire 'je vous connais depuis toujours comme un visage de l'évidence'.

Écrit par : musika | 20/02/2014

Les commentaires sont fermés.