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18/02/2014

Mireille Gros : l’image à peine, à peine

 

 

 

Gros.jpg Mireille Gros en 2014 : Auswahl Kunsthaus Aarau, « Ouvrir les archives », S.F.I.T. Zurich.

 

 

 

Mireille Gros pourrait s’écrier comme la Winnie dans Oh les beaux jours : "Assez les images". L’image (peinture, photographie, dessin, installation) devient une ombre passagère ou est donnée comme telle dans ses faibles émergences poétiques. Si l’image fonctionne encore comme un piège à regard c’est par le moins qu’elle rehausse à peine. Pour elle - comme pour Beckett déjà cité -  "l'image la plus forte, c'est l'image de rien, de personne ». Elle frôle la suppression et l'anéantissement du monde à qui elle donne un relief particulier.

 

 

 

Gros 2.jpgFuyant l’image solaire,  l’artiste qui a beaucoup fréquenté les musées, est férue de peinture et aime l'érudition. Elle joue sans cesse de blanches résurgences à peine rehaussées de quelques traits ou volumes d’où se dégage simplement l'exprimable pur. Il s’agit d’un art presque impossible puisqu’au seuil de la visibilité se donnent quelques éléments capables de sortir  du chaos en une  évaporation qui va  jusqu'à la transparence et où rien ne peut être réel que ce  rien capable d’atteindre l'outre voir. Les images de Mireille Gros sont donc bien autre chose que la possession carnassière des apparences. L’artiste se barricade contre l'invasion d’une illusion jugée illégitime. L’art devient la preuve que la nature comporte des rondeurs qui s'enveloppent les unes dans les autres : les dessins les érigent de la manière la plus ténue possible mais non sans une discrète sensualité.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

11:42 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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