gruyeresuisse

09/02/2014

Gaspard Delachaux par monts et par Vaud

Delachaux.gifGaspard Delachaux va vers l’impalpable et le surnaturel en utilisant parfois des masses énormes. Du dessin à la sculpture le Lausannois évite le style canonique, les beautés pimbêches. Il recourt aux milles facettes des formes en liberté même si elles prennent racines dans la réalité. Son marivaudage avec ce dernier consiste à marauder, tarauder, galvaniser les volumes par différentes césariennes. En jaillissent d’étranges animaux qui s’en tiennent plus aux Hauts de Hurlevent et du Rhône qu’au respect du réalisme.

 

L’artiste suit ce dernier partout sans le conduire nulle part sinon dans des contrées de l’imaginaire. La main volubile du créateur le façonne selon un inconcevable univers courbe. Delachaux sait que tout s’arrange le mieux quand tout tourne plus mal. Esprit d’envergure il invente l’impossible. Pleurant des larmes de rasoir il coupe  les cheveux du rationnel en quatre. Et l’érotisme ne l’intéresse qu’en tant qu’infirmité. Il préfère le fou rire de ses étranges toucans d’amont, ses poissons-lyres, ses oiseaux-scies  et autre bestioles improbables qu’il sort  des haies vives vaudoises ou des  bois valaisans où ils font parfois bonne garde en leur noble verdeur. Ajoutons que semailles et sonnailles répondent à son « silence on tourne » lorsqu’il entame la réalisation de ses films d’animation. Poète il n’a de comptes à rendre à personne. L’automobile l’incommode. Sa seule hâte est d’assurer le règne bienfaisant de la lenteur qui seul permet de comprendre l’espace.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

09:18 Publié dans Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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