gruyeresuisse

06/02/2014

Andreas Gefe : réverbérations

 

Geffe.jpgLe Zurichois Andreas Gefe propose un monde plastique où l’obscurité contamine l’élan naturel de la lumière. La première devine qu’elle a le pouvoir de séduire et la seconde sait qu’elle s’impose. Dès lors tout un jeu surgit : chez l’une pour transformer en victoire la reddition feinte, chez l’autre afin de métamorphoser en conquête absolue une victoire apparemment gagnée d’avance.  L’espace des images est donc parcouru de divers changements. Là où tout pourrait être facilement vulgaire la picturalité reste idéale. Et le désir lui-même ne cesse d’être le mouvement d’une transmutation. Le corps s’offre avec d’autant plus d’insolence ou d’abandon qu’il semble impénétrable au calcul. Ce qui n’est pas forcément le cas : les mises en scène que lui impose l’artiste le prouvent. Tout ne cesse de basculer : les idées, les regards, la révolte et l’autorité. Demeure néanmoins un souffle de jeunesse. Il jette un démenti sur des portraits faussement marmoréens. Se tournant de profil un homme ignore celui qui le contemple et s’oriente vers une arrivante inattendue dont on ne saura rien.  Se répand et se creuse un abîme de silence.

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 


 

 

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