gruyeresuisse

02/02/2014

Balthus et la Licorne

 

 

 Balthus.jpgBalthus, « The Last Studies », Steidl,  2014, Göttingen, 480 €.

 

Selon une légende Balthus expulsé du mystère de Paris se retrouva dans la réalité du paradis : vie morne bornée par une école, une mairie, un cimetière. Afin que nul ne se trompe il construisit au bord un totem de bois. Il y jointoya du quartz blanc et de la pyrite et une corne de licorne que seul les filles vierges ont le pouvoir de séduire. Tous les gens du village connaissaient l’endroit ils l’appelèrent le « lieu d’où part le ciel ».  Le peintre y construisit son ermitage.

 

Torsion de nuque, Pluie fine sur la toile. Violence cherchant tendresse. Couleurs tendres. Des filles en pagaille. Combien sont-elles ? Les images en ont suivi leur nuit. Au-dedans. Au dehors. Balthus les relia : d’où la folle la raison de sa peinture. Combien d’hommes le peintre était-il pour lier ce qui est avec ce qui  n’est pas ? Dans chacune de ses toiles le calme s’enfonce en tendre épine. Elle répond à la question : comment sans la nuit voir sous la nuit ? Reste le sable émouvant des jupes, leurs manteaux de vision qui font si peu de plis. Chacun s’en retire espérant avoir laissé quelques larves.  En sortiront peut-être un jour des filles dites naturelles. D’autres se prendront d'une petite soif pour elles. Balthus sera parti. Pour l’heure son œuvre reste. Ses « last studies » le prouvent.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

Atmosphère. Lenteur. Tarabiscotée.Charges de tension du calme, violente sensualité de son être. Peintre de l'intouchable, du sacré, de l'inapprochable. Tranquillité rugissante de ses toiles. Calme et imminence. Comme son regard. Bondissant et immobile. En accord avec l'amour de son être, du fleuve où se rejoignent toutes les veines d'eau de son regard. Ce soir je suis mal cette lecture me fait du bien. ma tête à pleins poumons se pose ici contre ce qui m'éloigne de ma solitude.

Écrit par : musika | 07/02/2014

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