gruyeresuisse

28/01/2014

Les surfaces irritantes de Pierre Schwerzmann

 

 Schwerzmann.jpg« Schwerzmann, Pierre », Boabooks, Genève, 2014.

 



Pierre Schwerzmann né à Aubonne travaille surtout à Nyon. Son œuvre a acquis au fil du temps une renommée internationale au sein des galeries les plus célèbres. On a pu voir son travail en Suisse à la Galerie Skopia de Genève, à l’espace Saint François de Lausanne ou encore une de ses installations au Musée historique et des porcelaines de Nyon. La création réside dans des agencements géométriques souvent simples. Mais le lieu où l’artiste choisi de placer ses œuvres garde une grande importance. La symétrie de ses motifs joue du temps et de la distance. Ils sont tirés de la réflexion, des sens et de l’instinct. L’artiste recherche un équilibre entre les éléments picturaux qu’il fait jouer de manière subtile et s’intéresse à la manière dont la peinture fonctionne selon un plan précis. Néanmoins de tels agencements deviennent des casse-têtes plus complexes qu’il n’y paraît. Froides, élégantes, sobres les œuvres ne sont pas dénuées d’émotions optiques, affectives et corporelles. Le regard est déstabilisé tant ce travail le perturbe et l’aveugle comme celui de l’artiste lui-même : "Je sais que c'est fini quand je ne vois plus rien", dit Schwerzmann.  Pour percevoir enfin ce qui est donné comme un « perdre voir »  le regard  doit entrer en symbiose et recul face à des œuvres qui sont loin de se donner facilement. Leur poésie  est à la fois universelle, pure et très spécifique au créateur. Il ne cherche jamais la provocation facile et s’il se rattache à l’école de Zurich et à l’abstraction géométrique c’est pour pousser plus loin de telles avancées. Beaucoup de peintres échouent dans cette approche d’une radicalité des profondeurs. Schwerzmann y parvient. Au besoin en prenant quelques savoureux détours.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

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