gruyeresuisse

13/01/2014

Les dissections visuelles de Vera Ida Muller

 

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Dans les œuvres de Vera Ida Muller, d’une technique à l’autre l’élan de lumière  brise l’obscur en le piégeant de contours souvent bruts mais parfois « glissés ». La native de Saint-Gall travaille désormais à Berlin. Elle propose la débandade des horizons afin de montrer des confins où s’amorce la fragilité. Néanmoins une densité persiste là même où des ruptures créent des élancements complexes en particulier dans ses peintures. Dans le fond de l’image, au sein de ses effacements Vera Ida Muller place le regardeur  « entre deux chaises ». Comment tenir debout en de tels suspens et de tels glissements de niveaux et de surface. En 2 D comme en 3 D il n’y a plus de « plans » stables. Se perdent les repères là où l’ombre se veut extensible mais où la clarté la conteste. L’une et l’autre forment deux fleuves adjacents jusqu’à leur jonction.  D’une époque à l’autre les sillages changent en divers types de reculs et d’avancées. Par exemple la photographie caviardée saisit par le revers ce qu’on oublie de contempler. Il y a parfois un ciel sur un plancher  ou sur un lit. Cela s’appelle Eden et enclos. L’artiste y noue des entrelacs, crée des enchâssements. Ils font une fois de plus enfler l’ombre et ronfler la lumière. Dans ses dessins le fusain rejoint le frais des lisières.  Et par le scintillement de l’apparence minimale chaque oeuvre impose un recueillement : manière pour l’être de se confronter à son propre silence et de se poser la question essentielle de l’art : celle du point de vue.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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