gruyeresuisse

10/01/2014

Karin Lehmann : du minimalisme au sculptural

Lehmann 2.jpg

 



 

 

 

Du minimalisme au sculptural

 

Karin Lehmann, « Une rencontre », Nar Gallery, Bienne du 23 janvier au 22 février 2014.

 

Les œuvres de Karin Lehmann sont autant de traques intempestives qu’iconoclastes. Le monde est diffracté en diverses scénographies où le concept de bloc prend tout son sens qu’il soit présent à l’état brut  (cf.  « Handle ») ou comme élément de mise en scène.  Les œuvres sont à la fois calmes et rosses elles abrègent bien des laïus et des explications tant elles s’imposent par leur puissance. Dans leur froideur elles restent imperméables aux débordements de l’outrance. D’où leur caractère de rituel ostentatoire au sein d’une nudité impressionnante. Loin des clichés kitsch qui ne font que délayer des gémonies secondaires, les « accumulations » de l’artiste ne préservent que l’essentiel  afin de créer des interférences imprévues, une syntaxe visuelle alambiquée au sein même de matières et formes brutes et parfois ironiques. Elles montrent combien nos cauchemars n’ont rien d’évanescents. Parfois un peu de douceur remplace la cruauté. Mais il existe toujours une pointe d’aiguille ou ce qui lui ressemble. L’image monte à l’assaut des ressemblances, s’achemine vers leur branlebas. Elle en traduit et n’en garde que ce qui est inoubliable mais sans insister pas. Il suffit que les apparences fassent pénitences en reconnaissant leur nature faiblarde. Si bien que le superficiel n’a pas le dernier mot de l’histoire. Sans forcément souhaiter qu’un jour elle lui torde le cou.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

09:00 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.