gruyeresuisse

06/12/2013

Mariette : poupées, momies et autres mères vierges

mariette 3.jpgMariette 2.jpg
Mariette ne cesse de montrer ce qui  laisse sans voix. Ou plutôt non : ce qui provoque  un effet d’abîme.  « Ce ne peut être que la fin du monde en avançant » aurait pu dire Rimbaud à propos d'une telle approche
. Chaque œuvre rappelle  que la vie tue mais que c’est un don. Comme les images elles-mêmes.  C’est pourquoi certains monothéismes les craignent.  Car donner, vraiment donner, est difficile.

 

 

 

Les corps sans corps de Mariette possèdent une forme ésotérique, aussi « repoussante » que fascinante. Un habit sur-mesure crée un nid qui n’est pas un linceul. Le tout crée dans le noir le début du jour plus que celui de la nuit.  Ce qui n’enlève donc rien la question : que faire avec un corps ? Car voici le corps. Mais à ce point que peut-il faire, que peut-il donner ?

 

 

 

Donner  un nom à de tels corps est difficile. Chacun est ouvert donc reste inachevé. Il marche en lui-même. Il n’est pas seul en lui. Des fantômes reviennent le hanter  Les morts habitent les vivants L’inverse est vrai aussi. Pour qu’ils persistent dans le cosmos à  travers l’étoffe liturgique de toutes les lumières gothiques que Mariette invente.

 

 

 

Ses  momies bâtissent un mystère. Leurs toilettes élargissent leur  secret. Et dans leurs creux elles débordent la force de vivre contre le peu qu’elle est.  Le corps est secoué jusqu’au dernier frisson. D’autres corps sont crucifiés. Mais pour éviter leur chute. Hors de la vie ou hors du corps.  Dans tous les cas pas loin de son esprit.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret


L'auteur se permet dans cette chronique une incartade pas très loin de la frontière. Les œuvres de l'artiste sont visibles sur le site : "La Maison de Mariette".

 

09:56 Publié dans France, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.