gruyeresuisse

04/12/2013

Marion Baruch : la vie dans les plis

 

 

Baruch 2.jpgMarion Baruch, Lampi di memoria, "cycle des Histoires sans fin, séquence  automne-hiver 2013-2014", Mamco, Genève, du 16 octobre 2013 au 12 janvier 2014

 

 

Peintures, sculptures ou portraits, les œuvres de Marion Baruch sont toujours constituées de tissus accrochées au mur. Ce sont des chutes de lés d’étoffe dans lesquels on a découpé les éléments de vêtements. Ils y subsistent d’ailleurs en négatif tandis que les restes pendent dans un parfait exemple de déconstruction du tableau. De telles loques interloquent.  La « surface » tordue et triturée n'est plus l'infirmière impeccable des identités. Elle se distend comme une peau usée pour  travailler l’imagination.  Les lambeaux de Marion Baruch montrent à la fois du  proche et de l’étrange. Ce qu'on appelait  « toile », surface lisse et rassurante se met à « flotter », à fluctuer tel un corps exsangue à la dérive, une peau pendante et plissée.

 

Baruch 3.jpgLa surface échappe au dépend de coulées et de coulures. Cet ordre particulier est celui est de la douleur, du plaisir, de la pensée, du monde ou plutôt de l'ombre de l'ensemble tant ce travail porte les stigmates de l'usure du temps. Ce qui reste au sein du vide semble provenir directement de la matière. De sa plasticité surgissent des bastringues d’états d’âme, des tropismes de misère mais aussi les merveilles d’éclairs noirs d’identités clocharde. Preuve comme l'écrivait Michaux  que « La vie est dans les plis ».

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Commentaires

Plis du drap. Plis des mots. Plis du moi. Lambeaux. Découpage intérieur. Retrait. Repli. Zonage. Reste l'empreinte. Dans le tissu du ma peau. J'y'ai creusé un sillon. Pour qu'y stagne la pluie. Pluie et source. Mélange des deux. Dans un instant sans bornes, dans les replis du temps. Sans guetter le crépuscule ou l'aurore, L'empreinte vient y boire. Encore. La bouche la retient dans son o, son eau. Avant que le repli ne se courbe, comme pour l'aimer encore, que son dos l'enroule. Sans l'étouffer. La met en boule. Plis de l'âge et plis du corps se mêlent. Tendue sur son drap. Détendue. L'empreinte repliée dans un pli de laine.

Écrit par : musikz | 05/12/2013

Plis du drap. Plis des mots. Plis du moi. Lambeaux. Découpage intérieur. Retrait. Repli. Zonage. Reste l'empreinte. Dans le tissu du ma peau. J'y'ai creusé un sillon. Pour qu'y stagne la pluie. Pluie et source. Mélange des deux. Dans un instant sans bornes, dans les replis du temps. Sans guetter le crépuscule ou l'aurore, L'empreinte vient y boire. Encore. La bouche la retient dans son o, son eau. Avant que le repli ne se courbe, comme pour l'aimer encore, que son dos l'enroule. Sans l'étouffer. La met en boule. Plis de l'âge et plis du corps se mêlent. Tendue sur son drap. Détendue. L'empreinte repliée dans un pli de laine.

Écrit par : musikz | 05/12/2013

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