gruyeresuisse

26/11/2013

B.A.A. de Genève : l'atelier suisse de photographie

BAA.jpg« Livres des photographes – un musée de papier pour l’image », Bibliothèque d’art et d’archéologie, 5 novembre 2013 – 31 mai 2014.

 

 

 

La BAA montre – « ouvrant » des livres imaginés et créés par des photographes et des artistes  - de quoi  de tels projets portent trace. D’amours de l’art ?  De  blessures et de joies de l’existence ? Le tout sans doute. Avec  parfois une pointe d’humour, un clin  d’œil du photographe. Il  fait souvent abattre les cartes de celle ou celui qu’il capture dans des ouvrages qui pour certains déterminent l’histoire même du médium.  Man Ray, Edward Ruscha apparaissent comme des fondateurs du livre d’artiste. Mais la Suisse y a la part belle. Grâce au duo Peter Fischli et David Weiss et surtout trois genevois : Steeve Iuncker, Christian Lutz et le trop discret Olivier Vogelsang. Très intelligemment conçu par Véronique Goncerut Estèbe et ses équipes cette exposition est d’une qualité rare.  Tout y  “ cadre ” parfaitement avec l’objectif de départ. A savoir rendre l’invisible de chaque conception visible dans un défilement aussi pédagogique que recréateur. La conservatrice en chef joue avec les images et les pages “ cartes sur table ” même lorsque des artistes comme Man Ray trichent en se plaisant à s’exonérer de la gravité de leur donne.

 

Quant aux trois Genevois ils prouvent comment le livre continue la partie avec la photographie en des jeux de cache-cache dont le support devient le transformateur. La photographie y mène d’autres aventures. Il en va par exemple  pour Vogelsang d’une traque qu’il propose  sur son propre pays (« Switzerlanders ») ou qu’il recherche dans les livres concepts d’autres photographes afin de saisir les reflets dérobés du monde. Grâce aux ouvrages inventés par les créateurs les photographies deviennent des narrations particulières. Chaque élément graphique et concret a un rôle. Le livre est par lui-même objet de création. La présentation muséale  écarte ici tout pensum  afin de préserver ce qui fait l’essence même de la quête d’un  photographe. Chaque « invité » a  trouvé par le livre le moyen plus approprié pour introduire en douceur jusqu’au cœur de sa vie et de son œuvre. A ne pas rater.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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