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09/11/2013

Christian Gonzenbach : l’envers et l’endroit

 

 

Gonzenbach 3.jpgChritian Gonzenbach, « Icon Idols », Galerie Saks, Genève, du 8 novembre au  27 décembre 2013.

 

 

Christian Gonzenbach  après Le Corbusier, Blaise Cendrars, et bien sûr Louis Chevrolet (on y reviendra), fait honneur à la Chaux de Fonds dont il est originaire même s’il vit désormais à Genève. Pour sa deuxième exposition personnelle chez Saks il présente « La Pietà ». Il s’agit de la  première sculpture en fonte d'aluminium de sa série intitulée « Hcabneznog ». Son nom à l’envers illustre de facto les représentations que cette série propose.  A partir du modèle de la sculpture de Michel-Ange, l'artiste crée une vision dont les contours semblent a priori échapper à toute logique. De fait l’imaginaire repose ici sur le réel par modification de point de vue et de prise.  L’artiste l’inverse le relief de l’original de Michel Ange. Les creux deviennent volumes et vice-versa. C’est par ce jeu sur les vides et les pleins qu’apparaissent une nouvelle plastique, une vision d’une inquiétante étrangeté.

 

Gonzenbach2013PietaStudio_615.jpgL’artiste n’en est pas à son coup d’essai. Spécialiste des détournements et autres vacations a priori farcesque son travail reste des plus sérieux qui soient. Pour preuve sa sculpture a été retenue à l'occasion du 100ème anniversaire de la marque automobile américaine. « Louis Chevrolet a conçu des voitures et des moteurs innovants et remporté de nombreuses courses. Soudain, l'impossible devient possible. Et avec ce projet, c'est exactement ce que j'ai réalisé » précisa l’artiste lors de l’inauguration de sa statue à la surface métallique brillante et lisse. Quoique massive cette oeuvre semble légère d’autant que sa surface polie comme un miroir fait oublier son générique. En de telles œuvres la matière approuve le mystère et les possibilités du temps sont digérées. L’espace, l’étendue, la masse se refont avec le sourire de l’artiste. L’excès bondit hors de tout. La vérité dégénère de manière ludique en délice oxalique.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

10:57 Publié dans Genève, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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