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01/11/2013

Les jeux de Fréchette

fréchette.jpgMarie Fréchette, "Les oiseaux de plomb", Galerie Turestski, Genève, Novembre 2013 

 

Marie Fréchette est une artiste rare. Elle vit est travaille à Genève et au Québec dans une exigence rare. Soucieuse de perfection ses expositions sont toujours une surprise. Ses recherches sur l’imagerie de l’oiseau se poursuivent depuis plus de 20 ans et il fait suite à ses interrogations suer les mammifères marins. Toutefois l’artiste ne se réfère pas simplement à une vision ornithologique ou naturaliste mais bien plus à une réflexion sur les conditions de l’art et la question de l’être.

 

Après avoir renoncé à travailler la matière suite à l’incendie de son atelier elle est retournée à la photographie avant de reprendre la matière et à sa forgerie. Renouant avec le plomb en 2007 elle crée son premier envol d’oiseaux dessiné à même le mur à l’intérieur de contours rectangulaires. Deux dispositifs se sont alors imposés d’eux-mêmes : montrer les oiseaux selon une forme géométrique simple et présenter des suites de chorégraphies des mouvements migratoires des volatiles symboles des migrations de l’être.

 

Dans l’exposition se succèdent des flux d’oiseaux. Ils coulent, montent, descendent. Ils deviennent selon l’artiste « l’image d’un désir viscéral de liberté voluptueuse ». Néanmoins la volupté reste des plus pudiques. Elle est le fait de mouvements et d’assemblages en une diaphanéité de flots atmosphériques. Ils fixent des mouvements mais conservent la puissance de l’envol. La narration se transforme en poésie de l’insaisissable. Traces, images, empreintes viennent retourner le paysage et la vision ornithologique. Abstractif car moins figuratif qu’il n’y paraît ce travail offre jusqu’à la nature même un transfert par sa faune vers la condition humaine.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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